ritual

 

 

 

ça fait plusieurs articles que j'essaye d'expliquer ce qu'est le paranormal sans être très clair à mon avis.

Je réessaye ici. Comme dit avant ça ne plaira ni au tenant ni au sceptique.

Il est possible d'observer des phénomènes paranormaux, en fait il s'en produit des milliers chaque jour, mais il faut savoir que ce sont des phénomènes subjectifs, et qu'ils ne résisteront presque* jamais à une analyse objective de la situation -> une explication triviale peut être trouvée pour une immense majorité d'entre eux (*presque* à l'exception des phénomènes non encore expliqués par la science).

Les sceptiques semblent donc avoir raison de douter de ces phénomènes, cependant ils font la supposition à première vue triviale que tout ce qui est observé subjectivement peut être objectivé => peut être réduit à une explication physicaliste. C'est sans doute vrai lorsqu'on se place en observateur de la vie des autres, mais absolument faux de son propre point de vue. C'est là le véritable sens du terme "subjectif".

Les sceptiques, tenants d'une vision scientifique orthodoxe, prennent pour acquis que tout phénomène est reproductible au moine en théorie c'est d'ailleurs ce principe qui rend les sciences expérimentales si efficaces. Mais ceci est vrai tant qu'on peut se placer à l'extérieur de ce qui est en train d'arriver : on peut tuer une souri pour voir ce qui se passe, puis en tuer une deuxième, une troisième et ainsi de suite et à chaque fois augmenter ses connaissances sur le processus de mort des souris. Ce n'est évidemment pas vrai de son propre point de vue : on ne vit qu'une fois et on ne meurt qu'une fois.

Se connaître soi-même n'a rien à voir avec les sciences expériementales, et des scientifiques de renoms, ayant des capacités d'analyse qui dépassent de loin celles du pékin lambda, peuvent perdre toute capacité logique lorsqu'ils en viennent à leur propre personne.

 

"Le paranormal impose ses lois"

Lorsqu'un sceptique "déboulonne" un phénommène paranormal en l'amenant de l'irrationnel "le magicien a fait apparaître un lapin dans son chapeau" au rationnel "le prestidigitateur a fait un tour de magie", il fait passer l'esprit d'un état subjugué à un état déprimé (mais réaliste). Il pense que c'est possible dans tous les cas, or même si c'est peut-être vrai en théorie, moi je pense qu'en pratique c'est impossible.

Premièrement il y a toujours un temps de latence entre le moment où l'esprit est subjugué et celui où il est ramené à la raison. Ce laps de temps appartient donc à ceux dans lequel le paranoral existe (puisque le paranormal est subjectif). Cela semble trivial mais tant que le sceptique n'est pas intervenu c'est le paranormal qui impose ses lois, c'est à dire que c'est lui qui influence notre comportement, c'est à dire notre monde, c'est à dire LE monde. On a en effet pas d'autre rapport au monde qu'un rapport subjectif.

Deuxièmement, pour déboulonner un phénomène paranormal le sceptique doit se placer "au-dessus" de ce qui génère le paranormal. Ca n'est pas un problème pour ce qui est de connaître et reconnaître un tour de magie, expliquer la trajectoire d'un électron, pour la raison toute simple que ces phénomènes n'ont pas d'enjeux subjectif. A l'inverse lorsqu'un phénomène a une implication subjective (le rire, la mort, la pauvreté, etc...) il devient difficile de le penser rationnellement. C'est là qu'on a le plus de chances de voir le paranormal se manifester, le sceptique ne pouvant évidemment pas y échapper.

 

"Fabriquer du paranormal"

Fabriquer du paranormal revient donc à provoquer des situations impliquant la subjectivité d'une cible ou a se mettre dans des situations qui nous impliquent subjectivement. Je vous laisse deviner dans quelles catégories de magie, noire ou blanche, nos lointains ancêtres auraient classé ces deux façons de faire du paranormal. Des indices dans les livres de l'ethnopsychiatre Tobie Nathan et de la philosophe des sciences Isabelle Stengers.